7 humoristes, 3 villes, 3 spectacles en simultané: l’idée de fou du Grand Montréal comédie fest

Il y a quelques mois, une idée a émergé dans la tête de Martin Petit, humoriste, acteur et scénariste québécois. Partant du postulat que des inégalités peuvent exister dans certains milieux de travail, et que la scène humoristique n’y échappe pas, il veut redonner tout son sens au mot « inclusif ». C’est pourquoi, avec une poignée d’artistes partageant sa volonté d’insuffler une nouvelle orientation aux spectacles d’humour, il a créé le Grand Montréal comédie fest (GMCF) — « Une idée de fous ! ». C’est ainsi que l’humoriste et son équipe aiment désigner ce nouvel événement rassembleur, réalisé en partenariat avec Vidéotron.

Pensées et créées afin d’expérimenter de nouvelles manières de travailler et de collaborer dans le milieu de l’industrie des arts de la scène, les festivités du Grand Montréal comédie fest se déroulent dans un souci d’inclusion, où tous les humoristes sont dans le même bateau. Qu’ils soient de la relève ou déjà bien établis, femmes ou hommes, tous sont traités de la même façon. Il s’agit pour ces artistes d’une belle occasion de sortir de leur zone de confort, de partager des moments forts et inclusifs, en toute convivialité avec leur public, tout en repoussant les limites de leur art.

Au-delà de la ferme volonté de redonner à l’humour ses lettres de noblesse, par une remontée sur les planches dans des salles de spectacle classiques, le Grand Montréal comédie fest souhaitait séduire les adeptes du rire qui habitent en région par une mise en scène très audacieuse. Les 5 et 6 juillet, Martin Petit et ses acolytes ont assuré une logistique impressionnante (digne d’un James Bond) pour présenter la crème de l’humour québécois dans trois lieux, simultanément. Probablement le point fort du Grand Montréal comédie fest.

« Il n’y a pas beaucoup d’équivalents à ce type d’événement, souligne d’entrée de jeu Martin Petit. Les festivals qui sont créés et gérés par des artistes sont encore rares. Je pense toutefois que c’est en train de devenir une tendance, comme ce que fait Djamel au Maroc par exemple ». Et cette tendance a tout pour plaire au public. Après tout, qui mieux que les artistes eux-mêmes pour donner une dimension personnelle aussi éclatante à la pratique de leur art ?

Une genèse contestataire…

« Nous étions tous conscients de l’impossibilité de continuer à travailler comme avant sachant que la relation que nous entretenions avec l’industrie ne nous était plus aussi favorable », nous confie Martin Petit. La création du Grand Montréal comédie fest est une démonstration de bon sens, humaine et logique, de la part de l’artiste ainsi que d’une grande partie des acteurs de la scène humoristique québécoise, qui traduit un grand désir de renouveau.

« On s’est dit qu’il serait intéressant et bénéfique de travailler, en tant qu’artistes, sur un différent modèle de gérance, où nous pourrions nous approprier un événement de A à Z, plutôt que de nous soumettre au système hiérarchique classique qui prend en charge toute notre communauté ». Le Grand Montréal comédie fest, c’est une impulsion artistique que Martin partage avec une équipe déterminée à faire avancer les choses.

Une fois la décision prise et la machine en marche, l’équipe est passée à l’action, cherchant des solutions efficaces. « Nous avions comme objectif de changer la dynamique du milieu. Tout le monde s’est demandé si c’était une bonne idée, mais une chose était sûre, il ne fallait pas rester dans l’attente, il fallait agir. » La création du Grand Montréal comédie fest incarne cette réponse positive qui, aux yeux de Martin Petit, se devait d’être imminente. « On aurait probablement pu passer des mois à discuter, mais demeurer passif dans l’immédiat m’aurait été insupportable. Je ne pouvais pas imaginer que les gens du milieu ne proposent rien. »

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… et une logistique impressionnante

« Étant donné qu’il n’y avait jamais eu d’équivalent à ce genre de festival à l’extérieur de Montréal, une de nos idées de départ était de présenter nos spectacles hors de l’île. On s’est dit que l’on devait offrir ce festival aux gens de notre région, pas seulement à ceux de notre ville », explique Martin Petit.

Cette générosité a cependant un prix et comporte son lot de défis. Comment illustrer cet ADN fondé sur le partage et la communion entre le public et les artistes ? Comment présenter un même spectacle à trois endroits simultanément ?

« Dès le départ, j’ai imaginé ces soirées se déroulant en trois lieux différents. Il fallait donc trouver une formule qui porte un message fort. Et je pense que notre slogan, “Une idée de fous !”, traduit vraiment le concept global que nous avons proposé. En effet, assurer en quelques minutes le déplacement, en hélicoptère et en voiture, des artistes entre les différents lieux n’est pas simple. Cela nécessite une logistique impressionnante et une synchronisation parfaite qui, selon les contraintes météorologiques et les aléas de la circulation, peuvent exiger de se rabattre sur l’un des multiples plans B (C ou D) concoctés en amont. »

Il ne fait aucun doute que cette toute première édition du Grand Montréal comédie fest sera suivie d’une seconde mouture encore plus folle, à l’identité encore mieux définie. « Tout est allé très vite. En janvier, on n’existait même pas légalement en tant qu’organisme. Pour la prochaine édition, nous allons commencer dès le mois de septembre afin de nous laisser le temps de pousser le concept encore plus loin et proposer des choses très différentes », affirme Martin Petit. « Je pense qu’une idée a le pouvoir de rapprocher les gens, et c’est ce qui s’est passé avec la nôtre. Ce qui en ressortira ? On verra. Mais le concept a déjà énormément de valeur à mes yeux », conclut-il.

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