Sebastian Marroquin : quand la confiance libère la parole

Depuis le 30 novembre 2017, Club illico diffuse sa toute première série documentaire originale, « Pablo Escobar raconté par son fils ». La petite équipe québécoise derrière ce projet a réussi à gagner la confiance du fils du narcotrafiquant, Sebastian Marroquin, qui leur a donné accès à des images et témoignages inédits. Le Collectif revient sur cette collaboration basée sur une volonté commune de présenter l’autre réalité de la vie hyper romancée de Pablo Escobar.

« Votre entrevue avec Sebastian Marroquin est confirmée pour aujourd’hui à 16 heures ». Le message nous rend fébriles : avoir un rendez-vous avec le fils de Pablo Escobar dans son agenda n’est pas quelque chose d’habituel. On sait que l’homme est peu causant avec les médias.

La vérité sur une vie fantasmée

Être le fils de l’un des plus grands trafiquants de drogue du XXe siècle, ce n’est pas rien. Le fantasme autour de la vie de Pablo Escobar ne connaît pas de frontières. Les films et les séries qui lui sont consacrés attisent sans cesse la flamme, quelle que soit la génération de spectateurs.

« Je suis toujours fasciné quand je vois dans les médias des affirmations totalement fausses sur mon père, sa vie ou notre famille. Ils inventent l’histoire qui fera vendre, peu importe si c’est un mensonge. Je suis contre cette façon de faire. La vie de mon père ne peut en aucun cas être présentée comme un succès. », affirme l’homme autrefois connu sous le nom de Juan Pablo Escobar – un patronyme dont il a choisi de se séparer. Le poids de l’héritage paternel était déjà assez lourd.

Conscient qu’il ne sera jamais jugé coupable des agissements de son père, Sebastian Marroquin estime toutefois qu’il doit la vérité aux victimes de celui-ci, et à leurs familles. Depuis plusieurs années maintenant, il en a fait une sorte de quête qu’il mène à grand renfort de documentaires, de livres et de conférences.

Sebastian Marroquin dans Pablo Escobar raconté par son fils
Affiche Pablo Escobar raconté par son fils

Le plus grand narcotrafiquant comme vous ne l’avez jamais vu

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Relation de confiance rare entre le Colombien et les Québécois

Sebastian Marroquin a en effet à cœur de montrer quelle était la réalité du quotidien de son père. Il souhaite aussi faire connaître l’homme derrière le trafiquant ultraviolent, sans jamais le glorifier ou en faire un exemple à suivre.

Éric Hébert et Olivier Aghaby, respectivement producteur et réalisateur de la série documentaire diffusée sur Club illico, partageaient cet objectif. Entre l’équipe québécoise et le fils de Pablo, une relation de confiance rare s’est créée. Elle a permis d’aboutir à ce documentaire au contenu inédit, où l’on découvre des images d’archives familiales encore jamais partagées auparavant.

«L’équipe et moi, nous nous sommes tout de suite compris. J’ai très vite su que nous produirions un documentaire différent de tout ce qui avait été fait jusqu’à présent et qu’il serait à la hauteur de mes attentes. Je ne m’étais pas trompé.  Je suis très satisfait du résultat».

La collaboration avec l’équipe québécoise s’est tellement bien passée que Sebastian Marroquin et Éric Hébert ont déjà d’autres projets sur le feu, par l’entremise de la boîte de production qu’ils ont créée, Fredonian.

Aller chercher l’humain derrière le mythe.

Outre les archives personnelles de la famille Escobar, Sebastian Marroquin a permis à l’équipe de tournage d’interroger Maria Victoria Henano, sa mère, et épouse adorée de Pablo. Celle que l’on surnomme Tata s’est d’ailleurs exprimée pour la toute première fois dans «Pablo Escobar raconté par son fils», une autre exclusivité de la série documentaire présentée sur Club illico. Cela témoigne de façon éloquente de la relation particulière qui unit le Colombien aux deux Québécois.

«J’ai un profond respect pour les Canadiens, que je trouve intègres et sans préjugés. C’est très important pour moi de m’entourer de gens comme ça. Je tiens à diffuser un message responsable à ceux qui m’écoutent».

Pablo y Sebastian delante de la Casa Blanca

«Non, ce n’est pas cool de se faire tatouer le nom de Pablo»

Les jeunes sont particulièrement ciblés par Sebastian Marroquin. Il reçoit tous les jours des messages d’adolescents, venant des quatre coins du globe, qui vouent un véritable culte à son père. À ces jeunes qui voient dans le trafic de drogue une option d’avenir rayonnant, le fils de Pablo répond gravement qu’il n’y a aucune issue positive possible pour les trafiquants.

«Non, ce n’est pas drôle de se déguiser en Escobar pour l’Halloween. Non, ce n’est pas cool de se faire tatouer le nom de Pablo. Les conséquences des actes de mon père sont dramatiques. Le présenter comme un modèle de réussite est inconscient, voire dangereux. Je me bats contre cela et continuerai de le faire».

Bien que lucide sur le côté sombre du chef de la famille Escobar, la série comprend des images touchantes. Au fil de notre entrevue, effet Québec oblige, le visage de Sebastian Marroquin s’est progressivement détendu, et il s’est ouvert sur son enfance avec simplicité.

«C’est certain que notre famille n’était pas comme les autres, mais une chose est sûre : nous nous aimions beaucoup. C’est selon moi la raison pour laquelle je n’ai pas suivi les traces de mon père. Quand on grandit dans un foyer rempli d’amour, on n’a aucune raison d’emprunter la voie du crime. J’ai vite compris cela en tant qu’enfant de Pablo Escobar, et c’est ce que j’inculque aujourd’hui à mon fils».

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Aurore Le Bourdon

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