VOTRE RÉFRIGÉRATEUR PEUT-IL FAIRE L’ÉPICERIE À VOTRE PLACE ?

Imaginez un soir de semaine. Depuis quelques jours, vous sautez fréquemment des repas et courez d’une réunion à l’autre au travail. Au moment de rentrer chez vous, vous recevez un message sur votre montre connectée : un embouteillage obstrue les rues environnantes. On vous informe cependant qu’un vélo est disponible à la station BIXI d’à côté, tout en précisant que ce serait une bonne option pour vous aérer l’esprit. Vous trouvez la suggestion judicieuse, alors vous décidez de laisser votre voiture sur place pour monter en selle.

Arrivé à votre appartement, vous ramassez le sac d’épicerie qui vous attendait sur le pas de la porte et vous entrez chez vous, sans clef. L’atmosphère est à la détente : la lumière est tamisée, et une musique douce joue. Vous prenez le temps de vous préparer un bon repas bien équilibré et facile à cuisiner. Enfin ! Vous relaxez.

 

UN SCÉNARIO FUTURISTE? PAS DU TOUT !

Au cœur du Quartier de l’innovation de Montréal, des équipes aux expertises variées œuvrent au sein du Laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente (LabVI) pour vous faire bénéficier dès aujourd’hui de technologies d’avenir.

Créé en 2016 par Vidéotron, en collaboration avec Ericsson, l’École de technologie supérieure (ÉTS) et le Quartier de l’innovation, ce laboratoire entend tester dans des conditions réelles des applications technologiques destinées à faciliter le quotidien.

Chaque jour, Darine Ameyed, stagiaire postdoctorale au laboratoire Synchromedia de l’ÉTS, travaille avec ses collègues à imaginer la maison « intelligente » et même le « quotidien intelligent ». L’équipe touche du doigt un monde meilleur notamment grâce à la technologie 5G développée par Vidéotron, et utilisée au LabVI. Celle-ci offre aux chercheurs une connexion très puissante qui leur permet de faire réagir instantanément à diverses commandes les objets connectés en cours de conception.

« Il sera bientôt possible pour n’importe qui de choisir le moment idéal pour démarrer son lave-vaisselle ou recharger sa voiture électrique afin de réduire au maximum son empreinte écologique, explique la jeune femme. Ce genre d’informations dépend de plusieurs paramètres, comme les pics de consommation d’électricité ou d’eau, que personne n’est en mesure de définir seul. »

DES INFORMATIONS EN TEMPS RÉEL ADAPTÉES AUX BESOINS DE CHACUN

On pourra bientôt s’informer en temps réel du mode de transport le mieux adapté pour se rendre d’un point A à un point B, en fonction des paramètres propres à chaque personne, comme la nécessité de faire un détour par la bibliothèque pour rendre un livre, de passer chez le nettoyeur pour récupérer des chemises, ou de faire une activité physique.

La cafetière sera aussi connectée au réveille-matin, lequel tiendra compte de l’état du trafic pour se déclencher quelques minutes plus tôt en cas de bouchons sur le trajet habituel et lancer la préparation du café au bon moment. La commande d’épicerie sera passée directement à l’épicier au moyen d’une application connectée au réfrigérateur, après analyse du contenu de celui-ci.

Dès cet été, 75 appartements situés dans le Quartier de l’innovation, et occupés par des étudiants, seront dotés de dispositifs qui mesureront la consommation d’énergie des locataires afin d’aider ces derniers à la réduire. Les appartements seront ensuite munis de capteurs environnementaux destinés à mesurer la qualité de l’air que les étudiants y respirent et à connaître la source des polluants.

Ultérieurement, ces appartements seront équipés de différents capteurs – température, mouvement, bruit, qualité de l’eau –, et les objets intelligents (par exemple télévision, chauffage, chaîne stéréophonique, électroménagers) feront partie du décor.

 

PERFECTIONNER LA TECHNOLOGIE POUR LA METTRE AU SERVICE DE L’HUMAIN

« Nous avons créé un laboratoire qui nous permettra de tester une technologie dans des conditions réelles avant de la déployer à grande échelle, précise Darine Ameyed. Ces tests auront d’abord lieu au sein du Quartier de l’innovation, dans un environnement en constante évolution, ce qui représente un grand défi. Si les tests sont concluants, ce sera au tour de l’ensemble des habitants de la ville de bénéficier de ces avancées. »

Certains pensent encore que la domotique constitue un luxe, hors de portée. « Ce n’est pas le cas, commente la chercheuse qui, parallèlement au laboratoire universitaire, a transformé sa propre maison en domicile connecté, pour en faire un lieu d’expérimentation. Une partie de la technologie existe, et notre travail consiste à l’optimiser grâce au développement d’innovations ». L’objectif ultime : déployer ces nouvelles technologies à grande échelle afin de les rendre accessibles au plus grand nombre de personnes.

Elle est convaincue que, grâce à la 5G, à l’Internet des objets et à l’intelligence artificielle, tout le monde pourra, dans un avenir très proche, compter sur les technologies pour améliorer son quotidien. Le LabVI n’en est qu’à ses débuts et, bientôt, d’autres projets verront le jour et seront testés à l’échelle urbaine, à Montréal.

Tous, nous travaillons dans le but d’améliorer l’environnement et la qualité de vie des Québécois, et, pourquoi pas, d’exporter ces innovations dans le reste du monde.

Le Laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente offre un environnement unique pour tester des applications technologiques visant à améliorer le quotidien des Québécois.

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Yasmine Berthou

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