DES SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES AUX PROBLÈMES ENVIRONNEMENTAUX

Dire que la pollution urbaine est un fléau apparaît aux yeux de beaucoup comme une exagération. Et pourtant… Selon la très sérieuse Organisation mondiale de la Santé (OMS), en 2016, 92 % des habitants de la planète respiraient de l’air vicié. Les conséquences sont sans appel : taux de maladies et de décès en augmentation chez les personnes âgées ou aux prises avec des problèmes respiratoires, mais aussi chez les jeunes enfants.

Cette nuisance a cela de sournois qu’elle est presque invisible : ni effluve, ni couleur, ni odeur. De plus, elle est insidieusement présente partout autour de nous et les villes du Québec n’y échappent pas! Ce constat a poussé Darine Ameyed et l’équipe de la jeune pousse NyX-R dont elle est cofondatrice, à réfléchir à des solutions destinées à améliorer et à préserver l’environnement et le quotidien de tous les Québécois.
Développées et testées au sein du Laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente (LabVI), créé en 2016 par Vidéotron, en collaboration avec Ericsson, l’École de technologie supérieure (ÉTS) et le Quartier de l’innovation, ces solutions seront, un jour, implantées à grande échelle.

COMPRENDRE QUAND ET COMMENT CHANGER NOS HABITUDES POUR AMÉLIORER LES CHOSES

« Installé au cœur du Quartier de l’innovation, le but du Laboratoire est de tester dans des conditions réelles des applications technologiques destinées à faciliter le quotidien et à améliorer la vie des citoyens », souligne Serge Legris, Vice-président et chef de la planification technologique de Vidéotron.

Darine Ameyed, stagiaire postdoctorale à l’ÉTS, s’intéresse plus spécifiquement à la pollution de l’air. En compagnie de l’équipe de NyX-R et en collaboration avec Synchromedia-Lab, elle a décidé de mettre au point une technologie permettant de collecter des données en temps réels.

« Nous sommes partis du constat qu’il y avait à Montréal seulement 13 stations destinées à faire des relevés de la qualité de l’air. Or, ces stations sont non seulement imposantes, mais en plus elles coûtent extrêmement cher. Il leur arrive en outre de tomber en panne pour des longues durées », explique la jeune femme. Elle s’est donc demandé comment suivre plus efficacement l’évolution de la pollution afin d’engendrer de meilleurs comportements et créer de nouveaux outils pour la contrer.

« Tant que les gens ne voient pas la pollution, il est difficile de les éduquer. Or, la pollution urbaine n’est globalement pas le fait de l’industrialisation, mais plutôt la résultante d’une mauvaise gestion urbaine et de comportements qui laissent à désirer », explique la jeune femme. Elle a ainsi décidé de procéder à des collectes de données plus efficaces qui, une fois rendues publiques, permettront d’ajuster le tir et d’améliorer les choses.

« Nous avons réussi à réduire la taille des stations d’analyse de la pollution de l’air à la grandeur d’un téléphone intelligent, lequel est capable d’enregistrer et de transférer les renseignements en temps réels grâce au 5G. » Cette avancée est majeure puisqu’elle permet une cartographie immédiate de la pollution. Grâce aux données environnementales récoltées en temps réel à l’aide d’une plateforme analytique, chaque individu aura bientôt la capacité de comprendre quand et comment il peut changer ses façons de faire pour améliorer les choses.

Le Laboratoire à ciel ouvert de la vie intelligente offre un environnement unique pour tester des applications technologiques visant à améliorer le quotidien des Québécois.

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PRENDRE EN COMPTE LA RÉALITÉ DES QUÉBÉCOIS

« Si les informations recueillies établissent qu’une zone urbaine est polluée de 7 h à 8 h 30 le jeudi matin en raison de la congestion automobile, il sera alors possible de chercher une solution. Par exemple, procéder à des modifications en planification urbaine autour de cette zone, décrit-elle. Certains bâtiments pourront également être dotés d’une structure capable d’absorber les particules de poussières, particulièrement dangereuses pour la santé humaine. »

À moindre échelle, l’analyse en temps réel de l’état de l’air à l’intérieur d’un appartement pourrait être révélatrice de comportements néfastes. « Nous savons que chaque activité a un impact écologique. En sensibilisant un individu à sa propre réalité, il pourra adapter ses comportements. » Par exemple, en remplaçant des matériaux à l’intérieur de son domicile, en changeant certains réflexes de consommation ou en optant pour un déplacement en trottinette, en Bixi ou en transport en commun plutôt qu’en voiture le jeudi matin entre 7 h 30 et 8 h, si c’est justement à ce moment précis que le pic de pollution lié au déplacement automobile est le plus fort.

Concrètement, les capteurs qui seront un jour disséminés à travers la ville permettront une meilleure observation de l’environnement et la détection des éventuels dangers qui guettent les humains, mais aussi la faune ou la flore urbaines. « Ce système pourra guider des urbanistes et les aider à prendre de meilleures décisions, qui sont aujourd’hui souvent basées sur des intuitions et non sur des besoins et données réels. »

DES TESTS GRANDEUR NATURE POUR AMÉLIORER LE QUOTIDIEN DE CHACUN

Pendant que Darine Ameyed s’attèle à l’analyse de l’air ambiant, certains de ses collègues de Synchromedia-Lab ont choisi de s’intéresser à la qualité de l’eau. Le canal Lachine constitue pour eux une formidable aire de travail. Des capteurs placés le long du cours d’eau permettent d’observer l’impact de l’activité humaine ou des phénomènes naturels que sont la pluie ou la fonte des neiges.

« Le LabVI est unique puisqu’il regroupe dans un périmètre l’expertise, le savoir et les technologies nécessaires au développement de plusieurs jalons de la vie intelligente. La 5G, l’intelligence artificielle et l’Internet des objets nous semblent parfois futuristes, mais ces innovations sont à portée de main et les possibilités d’utilisation sont infinies, ajoute Serge Legris.

C’est en étant capable de tester chacune de leurs idées, grâce à des capteurs connectés en temps réels et à échelle humaine, que Darine et ses collègues du LabVI vont trouver des solutions aux maux de notre société. « Améliorer la qualité de l’air et l’ambiance environnementale, c’est s’assurer d’augmenter les indices de confort et de santé des espaces intelligents. » C’est ainsi promettre un meilleur avenir à chaque citoyen au Québec, mais aussi à tous les habitants de la planète bleue.

Yasmine Berthou

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