Depuis le 10 janvier, les fans de Patrick Huard ont le plaisir de le retrouver dans Les Honorables, série originale Club illico, dix ans après Taxi 0-22. Face à l’acquittement du meurtrier de sa fille, le Juge Ludovic Dessureaux (Patrick Huard) voit toutes ses certitudes remises en question. Lui et les membres de sa famille, dont son ex-femme Lucie (Macha Grenon) ne resteront pas sans agir face à la situation, quel qu’en soit le prix à payer…

Nous avons rencontré Louis Choquette, le réalisateur des 10 épisodes des Honorables, qui revient sur l’importance du casting, de la complicité entre et avec les acteurs, ainsi que sur le véritable sujet de la série.

Comment êtes-vous arrivé sur le projet des Honorables?
Un très agréable coup de téléphone de notre productrice Josée Vallée. Puis une lecture du projet qui m’a aussitôt plu!

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce projet?
Le monde de la justice et des juges ayant déjà été traité à la télévision québécoise, on avait ici l’occasion de nous en servir pour mettre la table, pour mettre en scène une réalité familiale plus intime, de proposer une série avec une humanité qui ne tombe pas dans le mélo dramatique. Une sincérité en tout cas dans l’approche du travail de l’acteur, un désir de justesse émotionnelle dans le processus d’incarnation des personnages. Les personnages principaux m’ont immédiatement intéressé, j’ai été tout de suite touché par leur réalité.

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Quels ont été vos choix de mise en scène, pour une série qui oscille entre la froideur des palais de Justice, les scènes d’action et les moments intimistes des dialogues au sein de la famille?
Le système de justice est une toile de fond, le véritable sujet : les personnages, Ludovic, Lucie, Alicia, Gabrielle et Raphaël sont les lumières que je suivais dans la nuit de leurs malheurs. Nous avions tous un désir immense d’authenticité, et l’importance était là.

Expliquez-nous vos choix de casting, et ce que les acteurs ont pu apporter à leur personnage et à l’histoire.
Maintenant au Québec, pour des raisons essentiellement budgétaires, tout va très vite dans les productions. Le seul moment où je peux revendiquer le droit à une certaine lenteur est l’étape du casting. Celui-ci s’est étalé sur de nombreux mois. Je travaillais en partie à distance, étant basé à Paris pour quelques temps; nous avons fait des auditions avec plusieurs acteurs et j’utilisais aussi des photos pour illustrer différentes possibilités de famille.

Composer la famille Dessureaux nous a pris un certain temps. Tout s’est un peu organisé autour de Patrick et Macha bien sûr, et la série a commencé à prendre forme au moment où ils ont accepté les rôles de Ludovic et Lucie ! Mon couple mythique ! Nous avons ensuite fait des auditions pour vérifier la chimie entre les acteurs afin de déterminer les meilleurs duos et trios, pour constituer la famille la plus vraie possible. Mylène (Mc Kay), Olivier (Gervais-Chourchesne) et Myriam (Gaboury) sont apparus les meilleurs choix pour incarner les enfants du couple. Et fait assez rare, une véritable ressemblance physique (surtout entre la mère et les filles) nous a frappés !

Qu’avez-vous le plus aimé lors du tournage de cette série?
Un travail d’équipe extraordinaire. Un rapport à la créativité tellement efficace ! Autant avec l’équipe technique (Julien Fontaine est un directeur photo formidable) qu’avec les acteurs. J’ai adoré tous ces mois derrière la caméra. Les acteurs et moi avons développé une symbiose étonnante et terriblement efficace. L’art de la justesse dans le jeu et un désir d’authenticité contagieux ont été des moteurs communs très porteurs !

Qu’est-ce qui vous a particulièrement marqué lors de ce tournage?
Cette terrible chaleur qui m’obligeait à arrêter le tournage d’une scène en plein milieu pour… éponger les acteurs avant de reprendre la suite…

Quelle a été votre relation avec Patrick Huard, qui joue le rôle principal?
Patrick et moi avons développé une technique de travail très efficace. Je crois beaucoup aux rencontres sur les plateaux de tournage et ce fut une très belle rencontre artistique et humaine. Rapidement nous nous sommes mis au diapason et nous avions le sentiment d’aller dans des zones encore inconnues avec le personnage de Ludovic et ça, c’est un marqueur fantastique dans le partage artistique entre un réalisateur et son acteur !

Le fait de tourner une série qui sera diffusée en rafale sur le Club illico change-t-il votre approche de la mise en scène?
Que ce soit pour la télé, pour le web ou pour le cinéma, mon travail est de raconter des histoires avec ma caméra. Peu importe le support. La seule différence est peut-être le fait qu’au cinéma, théoriquement, l’auditoire est captif, ce qui nous permet de raconter l’histoire un peu différemment. Mais même cet argument tombe assez vite, étant donné que maintenant les films sont découverts en grande majorité sur de multiples plates-formes.

Que souhaitez-vous que les gens à la maison retiennent de la série?
Nous n’apportons aucun jugement, ni aucune réponse quant au fonctionnement de la justice. Nous suggérons un voyage dans le monde douloureux de la perte d’un être cher et sur une façon de vivre ce deuil déchirant. Ce qui fait naitre des situations où l’amour entre les membres d’une famille, au départ assez désunie, est ravivé et remis en lumière. Comme quoi dans les pires drames, quelquefois, on peut découvrir de surprenantes lumières.

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