SARAH-MAUDE BEAUCHESNE, MAÎTRISE DIGITALE D’UNE IMAGE AUTHENTIQUE

Un blogue, trois romans, et aujourd’hui une série télévisée : du haut de ses 27 ans, Sarah-Maude Beauchesne, l’auteure de L’Académie, affiche un CV déjà impressionnant. Pour cette grande fille instinctive et archi-sensible, l’utilisation d’Internet et surtout des réseaux sociaux vient naturellement appuyer son travail d’auteure. Le tout avec une authenticité rare.

« Mon blogue, je l’ai parti pour partager tout ce que je vivais et que j’avais un besoin viscéral de raconter. Et puis peut-être aussi pour savoir si j’étais bonne, pour obtenir une certaine validation ». Les Fourchettes, le blogue de Sarah-Maude, a aujourd’hui plus de 7 ans, ce qui fait de lui un vétéran dans le monde des contenus Web. L’auteure y raconte depuis ses 20 ans ses histoires de cœur, ses joies et ses peines et y partage des réflexions sur la vie d’une jeune femme de sa génération. Et sa génération, justement, est archi-connectée : pour rejoindre sa cible, Sarah-Maude utilise donc largement les médias sociaux, Instagram en tête de liste.

UNE MAÎTRISE INSTINCTIVE ET NATURELLE DES RÉSEAUX SOCIAUX

Ainsi, quand d’autres établissent des stratégies de communication pour s’assurer une présence en ligne, quitte à s’entourer de professionnels de l’image, Sarah-Maude a l’utilisation de son téléphone intelligent ou de son ordinateur comme ancrée dans son ADN de Milléniale. Et c’est notamment cette parfaite maîtrise des codes d’Internet qui lui permettent, aujourd’hui, de vivre de sa passion pour l’écriture.

« Être sur les réseaux sociaux, c’est quelque chose de très instinctif et naturel pour moi. Je pense que c’est ce qui m’aide à avoir l’air d’être une vraie personne, pas de quelqu’un qui fait sa job, ou pire qui essaie de vendre des affaires à tout bout de champ. Bien sûr, on sublime tous nos vies sur les réseaux sociaux, on veut tous avoir l’air d’avoir du fun, mais dans mon cas, ce fun, je l’ai pour vrai ».

Une vraie personne qui se montre dans son vrai chez elle, porte son vrai linge et trinque avec ses vraies amies : c’est cette authenticité qui a séduit le public de Sarah-Maude. Ses journaux intimes, qu’elle remplit religieusement depuis qu’elle a 8 ans, l’aident à se rappeler des choses qui lui passaient par la tête alors qu’elle était plus jeune, et lui permettent de s’adresser aux adolescents avec les mots justes.

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L’ACADÉMIE : L’APPRENTISSAGE DE LA SCÉNARISATION

Ces mots, Sarah-Maude les pose par écrit depuis longtemps, dans ses livres et son blogue, mais la scénarisation de L’Académie a représenté un tout nouvel exercice pour elle.

« La scénarisation, c’est une science à laquelle je ne connaissais rien. J’avais quelques bases grâce au Chalet mais avec L’Académie j’ai vraiment vu à quel point il est difficile de transposer les idées que l’on a dans sa tête au cadre très structuré qu’est la télévision, avec un budget, des règles, des contraintes. C’est une équation mathématique à laquelle il a fallu que je m’adapte. J’en ai capoté de bonheur mais j’en ai aussi braillé une shot ! »

Totalement soutenue par les scénaristes (Kadidja Haïdara, Annabelle Poisson et Yannick Éthier) et par les équipes de TVA, Sarah-Maude se dit fière d’être allée au bout de ce processus nouveau, pour un résultat qui correspond totalement à ce qu’elle avait en tête.

Pour celle qui a décidé de quitter les bancs de l’école après son certificat afin d’écrire des poèmes, parce que c’est la seule chose qui la rend vraiment heureuse et qu’elle « ne sait rien faire de mieux que ça », cette période d’écriture de L’Académie s’apparente à une année de BAC.

LE WEB POUR SORTIR DE L’OMBRE

Brillante écrivain, Sarah-Maude n’en reste pas moins, de son propre aveu, un grand bâton d’angoisse. Et sa crédibilité en tant qu’auteure, c’est sur le Web qu’elle peut la trouver, car il lui offre une vitrine incomparable auprès du public.

« Les scénaristes et les auteurs sont souvent dans l’ombre : tu sais, toi, par exemple, qui a écrit ton film ou ta série préférés? Non. Sauf que sans histoire, il n’y a pas de film : mon but, c’est d’avoir un visage et une personnalité bien identifiés en plus d’être une voix », déclare-t-elle.

Un objectif qui fait d’autant plus de sens que dans le cas de Sarah-Maude, c’est vraiment sa personnalité qui influence son écriture. En nous montrant qui se cache derrière son style unique, on ne peut que constater que le tout va très bien ensemble.

Authentique, on vous dit.

Le revers de la médaille ? Vouloir plaire à tout le monde, et gérer les éventuelles critiques – qui peuvent être plus virulentes en ligne que dans la vraie vie. Volontairement très exposée sur la Toile, Sarah-Maude met donc un point d’honneur à garder ses deux pieds bien sur Terre, entourée de ses amis et de sa famille sur qui elle peut compter en cas de doute ou de coup dur.

« Si ma gang me trouve cool et bonne, alors tout va bien. C’est tout ce qui compte. Je suis suffisamment honnête pour avoir confiance en mon message et être capable de le défendre si besoin ».

MIROIR D’UNE GÉNÉRATION LIBRE ET CONNECTÉE

On l’aura compris, Sarah-Maude Beauchesne représente parfaitement cette nouvelle génération d’employés qui refusent le 9 à 5 traditionnel au profit d’une liberté de travailler où et quand ils veulent, avec pour seule contrainte la recherche d’un réseau WiFi.

Connectés et mobiles, ces jeunes sont à l’image de leurs outils de travail : un téléphone et un ordinateur qui les suivent partout.

« Je pense que notre génération s’écoute beaucoup plus que celle de nos parents : on pense à nous en premier et on ne se forcera jamais à rester 20 ans dans une entreprise qui ne nous convient pas. Certains disent que l’on est paresseux, que l’on refuse la hiérarchie et les traditions. Je crois qu’on refuse tout simplement d’être malheureux ».

À la question de savoir, entre l’écriture des romans, du blogue ou du scénario de L’Académie, quel a été son exercice favori, Sarah-Maude ne sait que choisir.

« Je suis tombée en amour avec la scénarisation, j’ai vraiment capoté sur la télévision. Mais je crois que le sentiment physique que me procure la rédaction d’une fourchette est le plus intense. C’est le plus vieux sentiment que j’ai en lien avec l’écriture, et c’est ce qui me rend la plus heureuse à date : c’est pur, libre, presque thérapeutique », conclut-elle.

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Aurore Le Bourdon

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